1939-1945 : 1ère partie réquisitions, pénurie et ravitaillement 
Les trois précédents articles sur le beurre pendant le second conflit mondial étaient écrits en ordre dispersé.
Je remets tout cela dans l'ordre et j'inaugure ce jour une rubrique "1939-1945" avec un texte introductif et la mise en ligne des trois précédents billets. Suivrons ultérieurement d'autres articles et documents très intéressants sur cette guerre atroce et inhumaine vu du côté du beurre.


La France, comme tous les pays occupés par l'Allemagne nazie, fait l'objet d'un pillage en règle économique, humain, financier et territorial d'une extrême dureté. Les populations souffrent de restrictions imposées par l'effort de guerre allemand et de pillages systématiques organisés par l'ennemi, notamment sur les produits alimentaires et matières premières. Ainsi se développe un marché parallèle, le marché noir, qui enrichit nombre de profiteurs peu scrupuleux qui abusent de trafics honteux en tous genres. Des maladies réapparaissent comme la tuberculose et le rachitisme. Les allemands imposent de lourds frais d'occupation ce qui accentue la pénurie.
Le problème du ravitaillement touche rapidement les magasins français qui manquent de tout. Face aux difficultés quotidiennes, le gouvernement français est obligé de prendre des mesures drastiques en bloquant les stocks de denrées et en instituant la carte de rationnement et les tickets d'alimentation pour se procurer les produits de première nécessité comme le beurre.
La faim sévit plus particulièrement en ville où les longues files devant des magasins vides s'allongent. Se nourrir devient la préoccupation prioritaire des français. Le monde des campagnes, s'il n'échappe pas aux dures réquisitions, survit plus ou moins bien avec la culture et l'élevage local. Mais parfois, situation extrême, même la possession de tickets d’alimentation, ne permet pas d'obtenir les produits vitaux. La viande, le sucre, l'huile et le beurre disparaissent des assiettes françaises.
Enfin, dans certaines régions comme la Bretagne, le beurre devient une monnaie d'échange pour obtenir quelques marchandises, biens ou services, devenant ainsi l'objet de toutes les convoitises.
La fin du conflit le 8 mai 1945 ne met pas un terme immédiat aux privations et le rationnement va perdurer encore quelques années avant que la France, au début des années 50, ne retrouve une situation à peu près normale.


Carte postale ancienne de propagande qui sensibilise sur les risques que pourraient engendrer la guerre sur les exportations mondiales de beurre si effectivement le conflit se déclenchait.



Carte d'un prisonnier français en Allemagne
Chartres le 15 mai 41
Mon chéri, j'ai reçu ta carte du 1er mai. Je fais tout ce que je peux pour t'envoyer ce que tu me demandes.....Je vais à Luisant dimanche, Annie va me donner du beurre pour toi.....(lettre reçue le 8 juin).



Son mari est interné au Stalag XIII qui se trouve en Bavière à 35 kms à l'ouest de la frontière Tchèque. Stalag de mauvaise renommée.

En cherchant on trouve parfois des petites merveilles à trois francs six sous !
Témoin cette lettre postée de Paris le 19 novembre 1941 alors que la France est coupée en deux et qu'une grande partie de notre territoire, dont la capitale Paris, est occupée par les armées allemandes.
Émouvante correspondance quand on aime l'histoire et que l'on mesure le poids des mots et les images qu'ils peuvent évoquer.

Mardi 18 février
Ma chère tante Jeanne,
J'ai reçu hier tes deux petits colis et je te remercie beaucoup beaucoup de m'avoir gâtée comme tu l'as fait. C'est un réel plaisir pour moi, tu sais, que de voir enfin un bon morceau de beurre qui va me permettre de manger de bonnes tartines. C'est une chose introuvable ici de même que les œufs et la viande de porc. Je me suis déjà fait une bonne omelette des familles, que j'ai digérée de façon normale et dégustée en vrai gourmet. Julien me disait de te dire ce qui me ferait le plus plaisir c'est certainement le beurre et les oeufs. Mais je ne voudrais pas que vous vous restreigniez le moins du monde pour moi. Merci encore, vous m'avez fait bien plaisir.....suite du texte...
Ta grande nièce Annick



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